Dimanche,
Grégory Gaultier deviendra le deuxième Français à accéder au
rang de n°1 mondial après Thierry Lincou. Rencontre avec
l’héritier d’une couronne qui ne demande qu’à briller.
Son talent, détecté à l’âge de neuf
ans, n’est pas sans rappeler celui d’un certain Richard Gasquet.
Sa maturation, régulière, présente des ressemblances étranges
avec celle connue par Rafael Nadal. Hormis cela, Grégory
Gaultier n’a pas grand-chose à voir avec ses cousins du tennis.
Et pourtant : dans un sport qui fait soulever les foules de
l’Egypte à la Chine, ce Français de vingt-six ans va prendre la
tête du classement mondial le 1 er novembre. Sans la célébrité,
l’argent et la gloire dévolus aux champions de son espèce.
Tentative d’explication.
INTERVIEW
• Grégory Gaultier, il y a vingt-six ans, vous naissiez à
Epinal. Vous reste-t-il des souvenirs de votre vie en Lorraine ?
« Des souvenirs et de la famille ! Cela fait dix ans que je n’y
suis pas allé, même si j’ai souvent pensé y retourner. Il me
faudrait un peu de temps mais en ce moment, c’est vraiment
compliqué. »
• Surtout que votre actualité est plutôt chargée : finale au
tournoi de Hong Kong, première place mondiale. C’est Noël avant
l’heure chez les Gaultier ? « La première place mondiale était
mon objectif depuis longtemps. C’était logique que j’y arrive un
jour ou l’autre. Gagner Hong Kong aurait été la cerise sur le
gâteau, mais j’ai dû abandonner sur blessure en finale.
Toutefois, l’IRM que je viens de passer m’a rassuré et je serai
prêt pour les Mondiaux (du 4 au 9 novembre au Koweït). »
• Avec une idée de médaille d’or derrière la tête ? « Je veux
aller au bout de chaque tournoi. Mais il y a trop de pièges dans
les premiers tours pour que je m’avance… »
« C’est déjà une chance »
• Votre sport est très proche du tennis. Vous reconnaît-on aussi
souvent dans la rue que Roger Federer, par exemple ? « Non, ça
reste minime. J’ai une petite popularité à Aix-en Provence,
parce que mon club y est basé, et de temps en temps, chez le
coiffeur ou quand je fais des courses, des gens me
reconnaissent. Mais on ne m’a encore jamais arrêté dans la rue.
»
• Côté salaire aussi, vous semblez loin du tennis… « On voyage
énormément, c’est déjà une chance. On vit avec le salaire d’un
cadre et la Fédération nous aide bien, même si, bien sûr, une
reconversion sera obligatoire pour tout le monde. »
• En France, pourquoi est-ce si rare de trouver du squash à la
télévision alors que dans certains pays, vous êtes régulièrement
diffusés ? « Je ne sais pas. Ailleurs, il nous arrive de jouer
devant des milliers de personnes. J’ai la conviction que cela
pourrait se faire chez nous, mais l’émulation n’est pas si
facile à provoquer. »
• Dernier sujet sensible : l’absence de votre discipline aux
Jeux Olympiques… « Pour 2016, c’est trop tard et 2020 semble
désormais très loin pour les joueurs du circuit. C’est
incompréhensible que le squash n’ait pas encore sa place aux
Jeux. Je ne veux pas fustiger le golf ou le rugby à sept
(récemment intégrés aux Jeux de 2016), mais nous méritons d’y
être autant qu’eux. »
Michaël PERRET. Publié le 30/10/2009
Article
l'Equipe du 1er novembre 2009
Le
31/10/2009 à 14:00 | Mis à jour le
31/10/2009 à 14:51
Squash - Championnat du Monde - Gaultier : «
Un truc de fou »
Squash - PSA : Gaultier sur le toit du monde
Grégory Gaultier débute
dimanche les Championnats du monde au
Koweït. Deux fois finaliste (2006, 2007), le
joueur basé à Aix-en-Provence les disputera
avec une toute nouvelle étiquette de numéro
1 mondial. Un rang convoité depuis bien
longtemps comme le montre cette vidéo.
«J'avais
déjà revu ces images mais ça fait toujours
bizarre, commente-t-il aujourd'hui à
bientôt 28 ans. Depuis l'âge de 10-12
ans, je savais ce que je voulais. Même si la
dernière marche s'est fait attendre, à 23
ans, j'étais déjà dans le top 3 mondial.
Aujourd'hui, c'est un soulagement. Je me
sens libéré et je joue super bien. Je suis
sur un nuage, c'est un truc de fou.»
L'émotion est forte.
«J'ai
plein d'autres objectifs»
«Le
classement est affiché dans la salle
d'entraînement et c'est vrai que de
s'imaginer que dans le prochain, mon nom
sera tout en haut, ça fait bizarre,
confie celui qui succède à Thierry Lincou,
n°1 planétaire en janvier et février 2004 et
durant toute l'année 2005. Quand j'ai
réalisé que c'était bon, j'ai eu les larmes
aux yeux. Devenir n°1 mondial, c'est un rêve
de gamin et ça passe par tellement de
sacrifices. Après, même s'il faut savourer,
on ne peut pas se permettre de rester
là-dessus et continuer à avancer. J'ai plein
d'autres objectifs.»
Et
notamment le titre mondial à la fin de la
semaine, comme Lincou en 2004. «Je ne
veux pas y penser, tempère Gaultier.
L'année dernière j'ai cru que j'allais aller
en quarts de finale les doigts dans le nez
et je me suis fait éliminer avant (en
huitièmes, par l'Anglais Adrian Grant).
Le niveau est tellement élevé désormais avec
des mecs qui ont les dents longues qu'il
faut aborder chaque match comme une finale
dès le premier tour.» Issu des
qualifications, l'Ecossais Alan Clyne (n°92)
sera le premier à en faire l'expérience.
Thierry Lincou (n°8),
RenanLavigne
(n°38), Julien Balbo
(n°53), Yann Perrin (n°68)
et Mathieu Castagnet (n°65)
sont également en lice.
Le 30/10/2009 à
16:38 - Propos recueillis par SYLVAIN LABBE de Sports.fr
Gaultier: "Mon meilleur squash !"
Australie, Pakistan,
Angleterre, Egypte... et
maintenant la France ! Avec
Grégory Gaultier, successeur de
Thierry Lincou au rang de n°1
mondial, le squash tricolore
devient la 4e nation à parvenir
à placer l'un de ses
représentants au sommet de la
hiérarchie planétaire. A 26 ans,
l'Aixois d'adoption veut y voir
une première consécration à
l'heure d'aborder dimanche, au
Koweït, un championnat du monde
individuel, dont il a déjà été
finaliste à deux reprises (2006
et 2007).
Grégory,
que représente pour vous cette
accession au rang de n°1
mondial, une consécration qui se
refusait à vous depuis plusieurs
saisons ?
Disons que ça représente plus
une belle récompense, une étape
importante plutôt qu'un
aboutissement parce que la route
est encore longue, elle n'est
certainement pas terminée. J'ai
pu savourer l'évènement durant
quelques jours au retour de
Hongkong, mais il a fallu tout
de suite reprendre le chemin de
l'entraînement parce qu'il y a
de gros tournois jusqu'à Noël,
de gros points à aller chercher
et il ne va pas falloir chômer
d'ici là.
La clé de cette accession au
sommet de la hiérarchie
mondiale, n'est-ce pas
finalement d'avoir sur ne pas en
faire une obsession ?
Ça faisait quand même trois ou
quatre ans que je tournais
autour à être classé n°3, puis
n°2 mondial et au bout d'un
moment, je dois dire, c'est
vrai, que ça devenait un peu
agaçant de courir toujours
après. Le temps passait et cela
me mettait un peu plus de
pression, donc c'est quelque
part aussi un réel soulagement,
je ne le cache pas, mais aussi
et surtout un encouragement pour
me donner encore plus de
confiance et d'envie de jouer.
"Les JO, on finit par se
demander si on y parviendra un
jour"
C'est aussi une belle
reconnaissance pour l'ensemble
du squash français après Thierry
Lincou, qui avait était le
pionnier en son temps (n°1 en
2004 et 2005)...
Ça a fait d'une certaine façon
un effet boule de neige, dont
j'ai profité après Thierry et
j'espère que derrière, il y aura
aussi une relève pour que ça ne
soit pas qu'un feu de paille.
C'est important pour notre
sport.
Dans cette optique, la
récente décision du Comité
international olympique (CIO) de
refuser une nouvelle fois au
squash l'entrée au programme
olympique est une grosse
désillusion (*)?
C'est d'autant plus décevant que
c'est la deuxième fois de suite
que le squash est recalé. La
première fois, ça s'était joué à
peu de choses parce qu'on était
parvenu à atteindre le deuxième
vote avec une position de favori
et au final, ils n'avaient
accepté l'entrée d'aucun sport.
Cette année, ils choisissent une
discipline
ultra-professionnalisée (le
golf) et le rugby à sept, que je
ne connais même pas,
excusez-moi, mais je n'en avais
jamais vu, ni même entendu
parlé. Le CIO a fait son choix,
manque de chance, nous n'y
sommes pas. Ça aurait été un
boost énorme, on le sait, pour
notre discipline, mais il faut
faire avec et continuer à faire
de notre mieux pour développer
notre sport. Ça ne me concernera
plus, mais espérons qu'un jour
ce sport devienne olympique. Il
le mérite.
Sans les Jeux, le squash ne
peut pas sortir de son anonymat
selon vous ?
En tout cas, 2012, à Londres, ça
aurait été déjà un formidable
coup de projecteur avec une
équipe d'Angleterre très forte,
un pays où la discipline est
énormément pratiqué aussi. Ce ne
sera pas non plus pour 2016,
malgré les efforts de la
fédération internationale, qui a
bataillé ferme pour arriver à
convaincre. On finit pas se
demander si on y parviendra un
jour...
Raison de plus pour briller
dans les prochains mois. Où en
êtes-vous physiquement après
votre abandon lors de cette
finale à Hongkong, synonyme
d'accession au rang de n°1 ?
Tout est rentré dans l'ordre. Ce
n'était rien de grave. Tout est
lié à mon changement de genre de
semelles orthopédiques en mai
dernier. Depuis, j'enchaînais
des problèmes d'ampoules sous
les pieds et un autre,
récurrent, au niveau du
quadriceps. J'avais beau me
faire traiter par mes osthéo,
ils ne comprenaient pas parce
que j'étais en place au niveau
structure. A Hongkong, on a fini
par découvrir que ces semelles
étaient en cause en créant un
décalage au niveau du bassin
très important, qui m'obligeait
à forcer plus sur une jambe
qu'une autre. Donc je suis
rentré en France, j'ai refait
d'autres semelles avec mon
podologue, passé une IRM de
contrôle, qui n'a rien détecté.
On imagine que c'est très
rassurant pour l'avenir et dans
l'optique de la défense de votre
nouveau rang...
Je ne voulais pas me mettre en
l'air en finale à Hongkong, où
j'avais ressenti la douleur dès
le deuxième jeu et je m'étais
accroché pour le gagner. Ça ne
servait à rien d'aller au bout,
d'autant que je ne peux pas
prétendre gagner sur une jambe
face à un mec, qui est top 5
mondial. Donc, oui, au final,
c'est vraiment rassurant, parce
que j'avais les boules avec
cette perspective de quatre gros
tournois à disputer jusqu'à
Noël. Il suffit d'une blessure,
je loupe un mois et je
dégringole n°5 mondial. Et tout
est à refaire ensuite sur une
saison. Je sais ce que c'est,
j'ai eu des entorses, qui m'ont
immobilisé deux ou trois mois et
qui m'ont mis des saisons en
l'air. Batailler une demi-saison
pour rester dans le Top 4 pour
tirer ensuite un trait sur la
seconde, je sais ce que c'est.
"Qu'une chose en tête,
m'occuper de mon squash"
Cette place de n°1, n'est-ce
pas aussi justement le fruit
d'une nouvelle maturité dans
l'approche de votre discipline,
de vos objectifs tout au long de
la saison ?
J'ai réussi à mieux aménager mon
programme et mes entraînements.
Du coup, je me fais accompagner
en tournois par un préparateur,
en tout cas sur les plus gros,
soit environ six ou huit
rendez-vous dans l'année, il y a
une équipe, qui est derrière moi
en plus de la structure
fédérale, et on arrive à faire
en sorte que je sois à la fois
plus performant en tournois tout
en étant moins blessé parce
qu'on fait beaucoup de
préventif. Au final, je n'ai
personnellement qu'une chose en
tête, m'occuper de mon squash et
être sérieux à l'entraînement.
Tout le reste, ce n'est pas moi,
qui gère.
De quoi aborder ce
Championnat du monde individuel
en pleine confiance. Au-delà
d'un Amr Shabana, qui semble
renaître, quels seront vos
rivaux au Koweït tout cette
semaine ?
Shabana a l'air, c'est vrai, en
forme après un début de saison
très mauvais, marqué par une
petite blessure au genou, où il
n'était pas dedans. Après une
grosse contre-performance en
Egypte avec un quart de finale,
il a su élever son niveau aux
par équipes (Mondiaux), surtout
en finale, où Thierry (Lincou)
était à deux doigts de gagner,
mais le mec a su saisir une
petite faille, une seule. C'est
un vrai champion, il n'a pas été
par hasard n°1 mondial par
hasard et trois fois champion du
monde. Ce genre de joueurs,
quand on peut enfoncer le clou
et gagner un match, on ne peut
pas se permettre de leur laisser
le moindre petit espoir pour
revenir dans la partie parce
qu'il s'engouffre dedans et on
se retrouve dans un match piège.
Comment aborder ces
championnats du monde, où la
densité ne semble offrir
désormais aucune place au répit
?
Il y a deux ou trois ans,
j'arrivais en tournoi, les
premier et deuxième tour
s'enchaînaient et j'arrivais en
quarts les doigts dans le nez.
Avant même les tournois, je me
projetais déjà en quarts de
finale. Aujourd'hui, le niveau
s'est tellement resserré, je
vais jouer le n°20 mondial, il
va être mort de faim et il va
vouloir me taper. Donc la
préparation, elle est la même au
premier tour qu'en finale, sans
sous-estimer ces premiers
rendez-vous sous peine de tomber
dans des matches un peu piège.
Il faut éviter d'y perdre de
l'influx et surtout préparer
chaque match à la fois
tactiquement et
psychologiquement.
Débarquer sur ce tournoi avec
cette étiquette de n°1 et
d'homme à battre, vous y êtes
prêt ?
Comme je l'ai dit, je suis
soulagé. C'est un objectif
atteint, je ne me prends plus la
tête et ça ne fait que décupler
mon envie de jouer. Et
généralement, quand j'ai cette
envie, je suis extrêmement
relâché et je joue mon meilleur
squash. Ce championnat du monde,
je le prends comme un tournoi
comme un autre pour éviter de me
mettre de la pression. Seul mon
premier match compte, pas
question de voir au-delà pour
valser en huitièmes de finale
comme l'an dernier. Je serai
là-bas pour aller le plus loin
possible.
(*) Le 9 octobre dernier,
le CIO choisissait d'intégrer à
compter des JO de Rio en 2016 le
golf et le rugby à sept au
programme des disciplines
olympiques.
Suite au tournoi de Hong-Kong de ce week-end où il
accède à la finale face à l’égyptien Amr SHABANA,
Grégory GAULTIER deviendra N°1 mondial au 1er novembre
prochain.
C’était son objectif affiché depuis plusieurs mois et
après une ascension régulière, Grégory vient rejoindre
Thierry LINCOU (ex N°1 mondial) dans l’histoire du
squash français.
La France est la 4ème nation au monde ayant eu deux N°1
mondial.
La prochaine échéance pour les joueurs de l'Equipe de
France masculine sera le Championnat du Monde individuel
au Koweït du 4 au 7 novembre 2009.
Squash
: l'Aixois Grégory
Gaultier nouveau N° 1 mondial
Publié
le lundi 19 octobre 2009 à 10H00
L'Aixois n'est pas rassasié
Après le Marseillais Thierry Lincou, N.1 mondial en 2004
et 2005, l'Aixois Grégory Gaultier s'est assis à son
tour sur ce fauteuil tant envié.
Photo Guillaume Ruoppolo
Il est très tard hier lorsque, à l'autre bout du monde,
Grégory Gaultier décroche son téléphone. Harassé par
cinq jours de compétition intense à Hong-Kong, handicapé
par une blessure pernicieuse à la cuisse qui l'a
contraint à abandonner en finale, l'Aixois range ses
raquettes et ses affaires avant de regagner la France,
aujourd'hui.
Malgré la fatigue, il savoure un nouveau bonheur : celui
d'être N.1 mondial. Une performance rendue possible par
ses somptueuses performances et la défaite en demies du
désormais ex-patron du squash planétaire, l'Égyptien
Karm Darwish. Après le Marseillais Thierry Lincou en
2004 et 2005, voilà un autre Provençal sur le toit du
monde!
Après le Marseillais Thierry
Lincou, N.1 mondial en 2004 et
2005, l'Aixois Grégory Gaultier
s'est assis à son tour sur ce
fauteuil tant envié.
Photo Guillaume Ruoppolo
"C'est un rêve !"
"C'est beau, c'est un rêve qui s'accomplit, confie
Gaultier. Samedi, lorsque je l'ai appris, c'était un peu
l'euphorie. J'ai atteint l'un de mes objectifs."
Insatiable, il caresse d'autres rêves, entend voguer
vers de nouveaux objectifs en cette fin de saison
brûlante. "Je suis déjà dans la préparation des
championnats du monde où je vais tenter de décrocher le
titre, assène-t-il posément. Même si cela fait quatre
ans que je cours après, je ne vais pas me satisfaire
d'être N.1. Cela va me relâcher, plutôt que me mettre
une pression supplémentaire."
Son échec en finale du tournoi chinois lui reste
pourtant en travers de la gorge. Il a du mal à digérer
les raisons de cette défaite face à l'Égyptien Shabana
(11/8, 9/11, 11/3, 5/2 ab.). "J'ai commencé à sentir une
douleur dans le deuxième jeu, raconte Gaultier. J'ai
disputé le troisième, mais je ne pouvais plus jouer.
J'ai été obligé de jeter l'éponge. En fait, j'ai eu mal
à partir des quarts. Mais je me suis arraché. Hong-Kong,
c'est un gros tournoi !"
Depuis quelques mois, Gaultier fait fi de sa souffrance.
Il ne peut plus l'ignorer alors que pointent les quatre
ultimes rendez-vous de la saison, dont le championnat du
monde, au Koweït, à partir du 1er novembre. Dès son
retour, il va passer une IRM. Son ostéopathe "a cerné le
problème", explique Gaultier. Et d'ajouter: "Cela doit
provenir des semelles orthopédiques." Cela ne va pas
l'empêcher de défendre chèrement son nouveau statut.
Par Fabrice
Lamperti ( flamperti@laprovence-presse.fr )
Quand deux Français dominent un sport «so
british»
Créé
le 17.03.09 à 16h10 |Mis à jour le
17.03.09 à 16h18
SQUASH
- Face-à-face entre Gaultier et Lincou à
Londres...
Vous avez tous les deux un
rapport particulier avec ce tournoi
des «Super Series», vous y avez
obtenu de très bons résultats… Et ça
continue...
Greg
Gaultier: «C’est ma
troisième finale consécutive.
J’ai gagné l’année dernière face
à Shabana. Si je l’emporte mardi
soir ce sera très beau. Ce
serait un magnifique doublé.
Très peu de joueurs l’on fait.
C’est un tournoi très
particulier où tu dois être à
fond dès le départ. Chaque match
pourrait être une finale d’un
grand tournoi. Mais
j’aime ça. J’aime quand c’est
chaud».
Thierry
Lincou: «C’est ma quatrième
finale dans ce tournoi des « Super
Series ». Je l’ai déjà emporté en
2004. C’est vrai que cette année pas
grand monde ne me voyait en finale.
Moi non plus presque (rires…). Je
suis venu ici sans pression en
voulant faire de mon mieux. Et tout
de suite je me suis senti relâché,
bien techniquement et
physiquement…ce qui explique mon bon
parcours».
Vous vous connaissez depuis très
longtemps, pouvez-vous nous
présenter le jeu de l’autre… Greg Gaultier:
«Thierry, c’est « Monsieur Propre».
Tout est nickel et précis dans son
jeu, ses déplacements, ses coups, sa
frappe. C’est aussi un excellent
stratège.
Thierry
Lincou: «Greg a des qualités
physiques et d’explosivité très
supérieures à la moyenne. Son jeu
est très rapide, il est très tôt sur
la balle. Plus qu’un attaquant c’est
un contre-attaquant qui aime aller
jouer vers l’avant.»
Quelles sont les clefs pour
battre votre adversaire du jour ?
Greg Gaultier: «A mon avis, il
faut le prendre de vitesse, ne
surtout pas baisser de régime durant
la partie. Pour battre Thierry je
devrais être très agressif.»
Thierry
Lincou: «Il faut arriver à le
faire sortir de son confort. Mettre
le «bordel» (sic) dans son jeu. Et
puis j’ai aussi une stratégie plus
en détails, mais je ne vous la
livrerai pas…(NDLR : Si Greg
Gaultier remporte régulièrement
depuis une ou deux saisons ses duels
face à Thierry Lincou sur le circuit
mondial. Ce dernier a battu son
cadet lors de la récente finale du
championnat de France à La Ciotat).»
Pouvez-vous nous en dire un
peu plus sur l’ambiance de ce
tournoi unique ? Greg Gaultier:
«Cette année c’est dans l’enceinte
du club du Queen’s. Le court vitré
est installé au milieu de 400
spectateurs. C’est plein depuis le
départ. Ce soir notre match est
télévisé en direct. En Angleterre,
le squash est vraiment un sport qui
compte.»
Thierry
Lincou: "C’est un rendez-vous
très bien organisé et très
important. En effet, nous sommes
observés par des membres du CIO dans
le cadre de notre demande à intégrer
notre sport aux Jeux Olympiques à
partir de 2016. Le vote aura lieu en
octobre prochain."
Vous êtes depuis plusieurs années
les porte-drapeaux du squash
français à travers la planète,
qu’est-ce qui selon vous caractérise
«l’école» française de squash? Thierry Lincou:
«Je crois que c’est notre
déplacement sur le court. Il y a
vraiment un mouvement à la
française. Les anglo-saxons
appellent ça le «foot-work». Au-delà
de ça, on a jeu très complet, un
mixte en fait entre le jeu très
offensif des Egyptiens et la
solidité des Anglais. Et
visiblement, ça marche toujours pas
mal…»
Greg
Gaultier: «Je crois que petit à
petit, le squash français est devenu
une référence en terme de
préparation physique et
psychologique. Et au niveau du jeu,
on est bien complet.»
Propos recueillis par Xavier Laleu
17/03/2009
23:23
Squash - Super Series
Finals - Gaultier bat Lincou
Grégory Gaultier a
remporté les Super Series Finals, le Master du squash,
en battant en finale son compatriote Thierry Lincou en
quatre jeux (11-6, 8-11, 11-5, 11-5), devenant le
premier joueur en huit ans à conserver son titre, mardi
à Londres. «Je ne veux pas me demander si je suis le
meilleur du monde actuellement. Je veux juste gagner
autant de tournois que possible afin d'atteindre la
place de n°1 mondial», a déclaré Gauthier après sa
finale.
Lundi, Gaultier avait obtenu son billet en gagnant son
duel trois jeux à un (10-12, 11-5, 11-9, 11-7) face au
n°1 mondial, l'Egyptien Karim Darwish, qui avait aussi
remporté ses deux premiers matches. Dans l'autre groupe,
Thierry Lincou avait décroché sa qualification in
extremis face à l'Anglais James Willstrop. Défait 3-2
(11-8, 11-8, 3-11, 4-11, 11-6) il est tout de même passé
et a joué une finale d'une compétition qu'il devrait
disputer pour la dernière fois.
17/03/2009
09:45 Squash
- Super Series Finals - Gaultier vs Lincou
Les Français survolent les Super
Series Finals, les Masters du squash, qui réunissent les
huit meilleurs joueurs du monde depuis samedi à Londres.
Mardi, la finale oposera Grégory Gaultier
(Photo L'Equipe) à Thierry Lincou, sortis vainqueurs
de leurs poules du premier tour. Si le premier nommé
s'impose pour ce qui sera sa troisième finale
consécutive dans l'épreuve, il deviendrait le premier
joueur en huit ans à conserver son titre. Lincou, lui, a
déjà disputé trois finales dans ce tournoi, pour un
titre en 2004.
Lundi, Gaultier a obtenu son billet en gagnant son duel
trois jeux à un (10-12, 11-5, 11-9, 11-7) face au n°1
mondial, l'Egyptien Karim Darwish, qui avait aussi
remporté ses deux premiers matches. «Je sens sur ce
tournoi que je suis presque à mon meilleur. Je suis
fort, je sens que je peux être compétitif sur chaque
point, je suis relâché, concentré sur mon jeu, et
uniquement sur mon jeu. Je ne fais pas attention à tout
le reste et c'est comme ça que je peux profiter
pleinement de mon squash», a-t-il déclaré.
Dans l'autre groupe, Thierry Lincou pouvait être éliminé
s'il s'inclinait 3-0 face à l'Anglais James Willstrop.
Et il a été mené 2-0 avant de se rebeller, énervé par
une décision d'arbitrage dans le deuxième jeu. Sa
défaite 3-2 (11-8, 11-8, 3-11, 4-11, 11-6) lui permet de
passer pour ce qui devraient être ses dernières Super
Series Finals. D'ailleurs, Lincou pensait qu'il lui
fallait gagner deux jeux pour passer. «Ah merde !»,
a-t-il lâché quand il lui a été demandé pourquoi il
avait joué le quatrième jeu à fond alors qu'il était
déjà qualifié...