Article le Républicain Lorrain du 30 octobre 2009

 

Dimanche, Grégory Gaultier deviendra le deuxième Français à accéder au rang de n°1 mondial après Thierry Lincou. Rencontre avec l’héritier d’une couronne qui ne demande qu’à briller.

Son talent, détecté à l’âge de neuf ans, n’est pas sans rappeler celui d’un certain Richard Gasquet. Sa maturation, régulière, présente des ressemblances étranges avec celle connue par Rafael Nadal. Hormis cela, Grégory Gaultier n’a pas grand-chose à voir avec ses cousins du tennis. Et pourtant : dans un sport qui fait soulever les foules de l’Egypte à la Chine, ce Français de vingt-six ans va prendre la tête du classement mondial le 1 er novembre. Sans la célébrité, l’argent et la gloire dévolus aux champions de son espèce. Tentative d’explication.

INTERVIEW
• Grégory Gaultier, il y a vingt-six ans, vous naissiez à Epinal. Vous reste-t-il des souvenirs de votre vie en Lorraine ? « Des souvenirs et de la famille ! Cela fait dix ans que je n’y suis pas allé, même si j’ai souvent pensé y retourner. Il me faudrait un peu de temps mais en ce moment, c’est vraiment compliqué. »

• Surtout que votre actualité est plutôt chargée : finale au tournoi de Hong Kong, première place mondiale. C’est Noël avant l’heure chez les Gaultier ? « La première place mondiale était mon objectif depuis longtemps. C’était logique que j’y arrive un jour ou l’autre. Gagner Hong Kong aurait été la cerise sur le gâteau, mais j’ai dû abandonner sur blessure en finale. Toutefois, l’IRM que je viens de passer m’a rassuré et je serai prêt pour les Mondiaux (du 4 au 9 novembre au Koweït). »

• Avec une idée de médaille d’or derrière la tête ? « Je veux aller au bout de chaque tournoi. Mais il y a trop de pièges dans les premiers tours pour que je m’avance… »

« C’est déjà une chance »
• Votre sport est très proche du tennis. Vous reconnaît-on aussi souvent dans la rue que Roger Federer, par exemple ? « Non, ça reste minime. J’ai une petite popularité à Aix-en Provence, parce que mon club y est basé, et de temps en temps, chez le coiffeur ou quand je fais des courses, des gens me reconnaissent. Mais on ne m’a encore jamais arrêté dans la rue. »

• Côté salaire aussi, vous semblez loin du tennis… « On voyage énormément, c’est déjà une chance. On vit avec le salaire d’un cadre et la Fédération nous aide bien, même si, bien sûr, une reconversion sera obligatoire pour tout le monde. »

• En France, pourquoi est-ce si rare de trouver du squash à la télévision alors que dans certains pays, vous êtes régulièrement diffusés ? « Je ne sais pas. Ailleurs, il nous arrive de jouer devant des milliers de personnes. J’ai la conviction que cela pourrait se faire chez nous, mais l’émulation n’est pas si facile à provoquer. »

• Dernier sujet sensible : l’absence de votre discipline aux Jeux Olympiques… « Pour 2016, c’est trop tard et 2020 semble désormais très loin pour les joueurs du circuit. C’est incompréhensible que le squash n’ait pas encore sa place aux Jeux. Je ne veux pas fustiger le golf ou le rugby à sept (récemment intégrés aux Jeux de 2016), mais nous méritons d’y être autant qu’eux. »

Michaël PERRET.
Publié le 30/10/2009

   
 

Article l'Equipe du 1er novembre 2009

 
 
Le 31/10/2009 à 14:00 | Mis à jour le 31/10/2009 à 14:51

Squash - Championnat du Monde - Gaultier : « Un truc de fou »


Squash - PSA : Gaultier sur le toit du monde

Grégory Gaultier débute dimanche les Championnats du monde au Koweït. Deux fois finaliste (2006, 2007), le joueur basé à Aix-en-Provence les disputera avec une toute nouvelle étiquette de numéro 1 mondial. Un rang convoité depuis bien longtemps comme le montre cette vidéo.

«J'avais déjà revu ces images mais ça fait toujours bizarre, commente-t-il aujourd'hui à bientôt 28 ans. Depuis l'âge de 10-12 ans, je savais ce que je voulais. Même si la dernière marche s'est fait attendre, à 23 ans, j'étais déjà dans le top 3 mondial. Aujourd'hui, c'est un soulagement. Je me sens libéré et je joue super bien. Je suis sur un nuage, c'est un truc de fou.» L'émotion est forte.

«J'ai plein d'autres objectifs»

«Le classement est affiché dans la salle d'entraînement et c'est vrai que de s'imaginer que dans le prochain, mon nom sera tout en haut, ça fait bizarre, confie celui qui succède à Thierry Lincou, n°1 planétaire en janvier et février 2004 et durant toute l'année 2005. Quand j'ai réalisé que c'était bon, j'ai eu les larmes aux yeux. Devenir n°1 mondial, c'est un rêve de gamin et ça passe par tellement de sacrifices. Après, même s'il faut savourer, on ne peut pas se permettre de rester là-dessus et continuer à avancer. J'ai plein d'autres objectifs.»

Et notamment le titre mondial à la fin de la semaine, comme Lincou en 2004. «Je ne veux pas y penser, tempère Gaultier. L'année dernière j'ai cru que j'allais aller en quarts de finale les doigts dans le nez et je me suis fait éliminer avant (en huitièmes, par l'Anglais Adrian Grant). Le niveau est tellement élevé désormais avec des mecs qui ont les dents longues qu'il faut aborder chaque match comme une finale dès le premier tour.» Issu des qualifications, l'Ecossais Alan Clyne (n°92) sera le premier à en faire l'expérience. Thierry Lincou (n°8), Renan Lavigne (n°38), Julien Balbo (n°53), Yann Perrin (n°68) et Mathieu Castagnet (n°65) sont également en lice.

 

 
 

Samedi 31 octobre 2009, reportage dans l'équipe mag

 
 

 
     
 
Le 30/10/2009 à 16:38 - Propos recueillis par SYLVAIN LABBE de Sports.fr

Gaultier: "Mon meilleur squash !"

Australie, Pakistan, Angleterre, Egypte... et maintenant la France ! Avec Grégory Gaultier, successeur de Thierry Lincou au rang de n°1 mondial, le squash tricolore devient la 4e nation à parvenir à placer l'un de ses représentants au sommet de la hiérarchie planétaire. A 26 ans, l'Aixois d'adoption veut y voir une première consécration à l'heure d'aborder dimanche, au Koweït, un championnat du monde individuel, dont il a déjà été finaliste à deux reprises (2006 et 2007).

Grégory, que représente pour vous cette accession au rang de n°1 mondial, une consécration qui se refusait à vous depuis plusieurs saisons ?
Disons que ça représente plus une belle récompense, une étape importante plutôt qu'un aboutissement parce que la route est encore longue, elle n'est certainement pas terminée. J'ai pu savourer l'évènement durant quelques jours au retour de Hongkong, mais il a fallu tout de suite reprendre le chemin de l'entraînement parce qu'il y a de gros tournois jusqu'à Noël, de gros points à aller chercher et il ne va pas falloir chômer d'ici là.

La clé de cette accession au sommet de la hiérarchie mondiale, n'est-ce pas finalement d'avoir sur ne pas en faire une obsession ?
Ça faisait quand même trois ou quatre ans que je tournais autour à être classé n°3, puis n°2 mondial et au bout d'un moment, je dois dire, c'est vrai, que ça devenait un peu agaçant de courir toujours après. Le temps passait et cela me mettait un peu plus de pression, donc c'est quelque part aussi un réel soulagement, je ne le cache pas, mais aussi et surtout un encouragement pour me donner encore plus de confiance et d'envie de jouer.

"Les JO, on finit par se demander si on y parviendra un jour"

C'est aussi une belle reconnaissance pour l'ensemble du squash français après Thierry Lincou, qui avait était le pionnier en son temps (n°1 en 2004 et 2005)...
Ça a fait d'une certaine façon un effet boule de neige, dont j'ai profité après Thierry et j'espère que derrière, il y aura aussi une relève pour que ça ne soit pas qu'un feu de paille. C'est important pour notre sport.

Dans cette optique, la récente décision du Comité international olympique (CIO) de refuser une nouvelle fois au squash l'entrée au programme olympique est une grosse désillusion (*)?
C'est d'autant plus décevant que c'est la deuxième fois de suite que le squash est recalé. La première fois, ça s'était joué à peu de choses parce qu'on était parvenu à atteindre le deuxième vote avec une position de favori et au final, ils n'avaient accepté l'entrée d'aucun sport. Cette année, ils choisissent une discipline ultra-professionnalisée (le golf) et le rugby à sept, que je ne connais même pas, excusez-moi, mais je n'en avais jamais vu, ni même entendu parlé. Le CIO a fait son choix, manque de chance, nous n'y sommes pas. Ça aurait été un boost énorme, on le sait, pour notre discipline, mais il faut faire avec et continuer à faire de notre mieux pour développer notre sport. Ça ne me concernera plus, mais espérons qu'un jour ce sport devienne olympique. Il le mérite.

Sans les Jeux, le squash ne peut pas sortir de son anonymat selon vous ?
En tout cas, 2012, à Londres, ça aurait été déjà un formidable coup de projecteur avec une équipe d'Angleterre très forte, un pays où la discipline est énormément pratiqué aussi. Ce ne sera pas non plus pour 2016, malgré les efforts de la fédération internationale, qui a bataillé ferme pour arriver à convaincre. On finit pas se demander si on y parviendra un jour...

Raison de plus pour briller dans les prochains mois. Où en êtes-vous physiquement après votre abandon lors de cette finale à Hongkong, synonyme d'accession au rang de n°1 ?
Tout est rentré dans l'ordre. Ce n'était rien de grave. Tout est lié à mon changement de genre de semelles orthopédiques en mai dernier. Depuis, j'enchaînais des problèmes d'ampoules sous les pieds et un autre, récurrent, au niveau du quadriceps. J'avais beau me faire traiter par mes osthéo, ils ne comprenaient pas parce que j'étais en place au niveau structure. A Hongkong, on a fini par découvrir que ces semelles étaient en cause en créant un décalage au niveau du bassin très important, qui m'obligeait à forcer plus sur une jambe qu'une autre. Donc je suis rentré en France, j'ai refait d'autres semelles avec mon podologue, passé une IRM de contrôle, qui n'a rien détecté.

On imagine que c'est très rassurant pour l'avenir et dans l'optique de la défense de votre nouveau rang...
Je ne voulais pas me mettre en l'air en finale à Hongkong, où j'avais ressenti la douleur dès le deuxième jeu et je m'étais accroché pour le gagner. Ça ne servait à rien d'aller au bout, d'autant que je ne peux pas prétendre gagner sur une jambe face à un mec, qui est top 5 mondial. Donc, oui, au final, c'est vraiment rassurant, parce que j'avais les boules avec cette perspective de quatre gros tournois à disputer jusqu'à Noël. Il suffit d'une blessure, je loupe un mois et je dégringole n°5 mondial. Et tout est à refaire ensuite sur une saison. Je sais ce que c'est, j'ai eu des entorses, qui m'ont immobilisé deux ou trois mois et qui m'ont mis des saisons en l'air. Batailler une demi-saison pour rester dans le Top 4 pour tirer ensuite un trait sur la seconde, je sais ce que c'est.

"Qu'une chose en tête, m'occuper de mon squash"

Cette place de n°1, n'est-ce pas aussi justement le fruit d'une nouvelle maturité dans l'approche de votre discipline, de vos objectifs tout au long de la saison ?
J'ai réussi à mieux aménager mon programme et mes entraînements. Du coup, je me fais accompagner en tournois par un préparateur, en tout cas sur les plus gros, soit environ six ou huit rendez-vous dans l'année, il y a une équipe, qui est derrière moi en plus de la structure fédérale, et on arrive à faire en sorte que je sois à la fois plus performant en tournois tout en étant moins blessé parce qu'on fait beaucoup de préventif. Au final, je n'ai personnellement qu'une chose en tête, m'occuper de mon squash et être sérieux à l'entraînement. Tout le reste, ce n'est pas moi, qui gère.

De quoi aborder ce Championnat du monde individuel en pleine confiance. Au-delà d'un Amr Shabana, qui semble renaître, quels seront vos rivaux au Koweït tout cette semaine ?
Shabana a l'air, c'est vrai, en forme après un début de saison très mauvais, marqué par une petite blessure au genou, où il n'était pas dedans. Après une grosse contre-performance en Egypte avec un quart de finale, il a su élever son niveau aux par équipes (Mondiaux), surtout en finale, où Thierry (Lincou) était à deux doigts de gagner, mais le mec a su saisir une petite faille, une seule. C'est un vrai champion, il n'a pas été par hasard n°1 mondial par hasard et trois fois champion du monde. Ce genre de joueurs, quand on peut enfoncer le clou et gagner un match, on ne peut pas se permettre de leur laisser le moindre petit espoir pour revenir dans la partie parce qu'il s'engouffre dedans et on se retrouve dans un match piège.

Comment aborder ces championnats du monde, où la densité ne semble offrir désormais aucune place au répit ?
Il y a deux ou trois ans, j'arrivais en tournoi, les premier et deuxième tour s'enchaînaient et j'arrivais en quarts les doigts dans le nez. Avant même les tournois, je me projetais déjà en quarts de finale. Aujourd'hui, le niveau s'est tellement resserré, je vais jouer le n°20 mondial, il va être mort de faim et il va vouloir me taper. Donc la préparation, elle est la même au premier tour qu'en finale, sans sous-estimer ces premiers rendez-vous sous peine de tomber dans des matches un peu piège. Il faut éviter d'y perdre de l'influx et surtout préparer chaque match à la fois tactiquement et psychologiquement.

Débarquer sur ce tournoi avec cette étiquette de n°1 et d'homme à battre, vous y êtes prêt ?
Comme je l'ai dit, je suis soulagé. C'est un objectif atteint, je ne me prends plus la tête et ça ne fait que décupler mon envie de jouer. Et généralement, quand j'ai cette envie, je suis extrêmement relâché et je joue mon meilleur squash. Ce championnat du monde, je le prends comme un tournoi comme un autre pour éviter de me mettre de la pression. Seul mon premier match compte, pas question de voir au-delà pour valser en huitièmes de finale comme l'an dernier. Je serai là-bas pour aller le plus loin possible.

(*) Le 9 octobre dernier, le CIO choisissait d'intégrer à compter des JO de Rio en 2016 le golf et le rugby à sept au programme des disciplines olympiques.

 

 
     
   
 
Jeudi 29 octobre : reportage sur l'équipe TV
Squash - PSA : Gaultier sur le toit du monde
 
 

Tout simplement historique !

Suite au tournoi de Hong-Kong de ce week-end où il accède à la finale face à l’égyptien Amr SHABANA, Grégory GAULTIER deviendra N°1 mondial au 1er novembre prochain.

C’était son objectif affiché depuis plusieurs mois et après une ascension régulière, Grégory vient rejoindre Thierry LINCOU (ex N°1 mondial) dans l’histoire du squash français.

La France est la 4ème nation au monde ayant eu deux N°1 mondial.

La prochaine échéance pour les joueurs de l'Equipe de France masculine sera le Championnat du Monde individuel au Koweït du 4 au 7 novembre 2009.
 

 
 

Article paru dans l'Equipe le 19 octobre 2009

 
   
     
 
Squash : l'Aixois Grégory Gaultier nouveau N° 1 mondial
Publié le lundi 19 octobre 2009 à 10H00

L'Aixois n'est pas rassasié



Après le Marseillais Thierry Lincou, N.1 mondial en 2004 et 2005, l'Aixois Grégory Gaultier s'est assis à son tour sur ce fauteuil tant envié.

Photo Guillaume Ruoppolo


Il est très tard hier lorsque, à l'autre bout du monde, Grégory Gaultier décroche son téléphone. Harassé par cinq jours de compétition intense à Hong-Kong, handicapé par une blessure pernicieuse à la cuisse qui l'a contraint à abandonner en finale, l'Aixois range ses raquettes et ses affaires avant de regagner la France, aujourd'hui.


Malgré la fatigue, il savoure un nouveau bonheur : celui d'être N.1 mondial. Une performance rendue possible par ses somptueuses performances et la défaite en demies du désormais ex-patron du squash planétaire, l'Égyptien Karm Darwish. Après le Marseillais Thierry Lincou en 2004 et 2005, voilà un autre Provençal sur le toit du monde!

Après le Marseillais Thierry Lincou, N.1 mondial en 2004 et 2005, l'Aixois Grégory Gaultier s'est assis à son tour sur ce fauteuil tant envié.

Photo Guillaume Ruoppolo


"C'est un rêve !"


"C'est beau, c'est un rêve qui s'accomplit, confie Gaultier. Samedi, lorsque je l'ai appris, c'était un peu l'euphorie. J'ai atteint l'un de mes objectifs." Insatiable, il caresse d'autres rêves, entend voguer vers de nouveaux objectifs en cette fin de saison brûlante. "Je suis déjà dans la préparation des championnats du monde où je vais tenter de décrocher le titre, assène-t-il posément. Même si cela fait quatre ans que je cours après, je ne vais pas me satisfaire d'être N.1. Cela va me relâcher, plutôt que me mettre une pression supplémentaire."

Son échec en finale du tournoi chinois lui reste pourtant en travers de la gorge. Il a du mal à digérer les raisons de cette défaite face à l'Égyptien Shabana (11/8, 9/11, 11/3, 5/2 ab.). "J'ai commencé à sentir une douleur dans le deuxième jeu, raconte Gaultier. J'ai disputé le troisième, mais je ne pouvais plus jouer. J'ai été obligé de jeter l'éponge. En fait, j'ai eu mal à partir des quarts. Mais je me suis arraché. Hong-Kong, c'est un gros tournoi !"

Depuis quelques mois, Gaultier fait fi de sa souffrance. Il ne peut plus l'ignorer alors que pointent les quatre ultimes rendez-vous de la saison, dont le championnat du monde, au Koweït, à partir du 1er novembre. Dès son retour, il va passer une IRM. Son ostéopathe "a cerné le problème", explique Gaultier. Et d'ajouter: "Cela doit provenir des semelles orthopédiques." Cela ne va pas l'empêcher de défendre chèrement son nouveau statut.

Par Fabrice Lamperti ( flamperti@laprovence-presse.fr )

   
 
 
     
   
 
   
 
 

Quand deux Français dominent un sport «so british»
Créé le 17.03.09 à 16h10 | Mis à jour le 17.03.09 à 16h18

 

SQUASH - Face-à-face entre Gaultier et Lincou à Londres...

 C’est un peu la revanche du «crunch» de rugby. Les Anglais ont même surnommée ce dernier match du «Super Series Finale», le tournoi phare du squash, «The french final». Mardi soir à partir de 20 heures (à suivre en live ici), deux Français, Grégory Gaultier (n°3 mondial) et Thierry Lincou (n°7 mondial, n°1 mondial et champion du monde en 2004) s’affrontent dans le cadre très select du club du Queen’s à Londres. Avant le match, les deux joueurs ont accepté de parler de leur parcours et aussi de leur adversaire, également ami dans la vie. Echanges croisés par mots, avant que ce ne soit par balles.

Vous avez tous les deux un rapport particulier avec ce tournoi des «Super Series», vous y avez obtenu de très bons résultats… Et ça continue...

Greg Gaultier: «C’est ma troisième finale consécutive. J’ai gagné l’année dernière face à Shabana. Si je l’emporte mardi soir ce sera très beau. Ce serait un magnifique doublé. Très peu de joueurs l’on fait. C’est un tournoi très particulier où tu dois être à fond dès le départ. Chaque match pourrait être une finale d’un grand tournoi. Mais j’aime ça. J’aime quand c’est chaud».

Thierry Lincou: «C’est ma quatrième finale dans ce tournoi des « Super Series ». Je l’ai déjà emporté en 2004. C’est vrai que cette année pas grand monde ne me voyait en finale. Moi non plus presque (rires…). Je suis venu ici sans pression en voulant faire de mon mieux. Et tout de suite je me suis senti relâché, bien techniquement et physiquement…ce qui explique mon bon parcours».

Vous vous connaissez depuis très longtemps, pouvez-vous nous présenter le jeu de l’autre… 
Greg Gaultier: «Thierry, c’est « Monsieur Propre». Tout est nickel et précis dans son jeu, ses déplacements, ses coups, sa frappe. C’est aussi un excellent stratège.

Thierry Lincou: «Greg a des qualités physiques et d’explosivité très supérieures à la moyenne. Son jeu est très rapide, il est très tôt sur la balle. Plus qu’un attaquant c’est un contre-attaquant qui aime aller jouer vers l’avant.»

Quelles sont les clefs pour battre votre adversaire du jour ?
Greg Gaultier
: «A mon avis, il faut le prendre de vitesse, ne surtout pas baisser de régime durant la partie. Pour battre Thierry je devrais être très agressif.»

Thierry Lincou: «Il faut arriver à le faire sortir de son confort. Mettre le «bordel» (sic) dans son jeu. Et puis j’ai aussi une stratégie plus en détails, mais je ne vous la livrerai pas…(NDLR : Si Greg Gaultier remporte régulièrement depuis une ou deux saisons ses duels face à Thierry Lincou sur le circuit mondial. Ce dernier a battu son cadet lors de la récente finale du championnat de France à La Ciotat).»

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’ambiance de ce tournoi unique ?
Greg Gaultier: «Cette année c’est dans l’enceinte du club du Queen’s. Le court vitré est installé au milieu de 400 spectateurs. C’est plein depuis le départ. Ce soir notre match est télévisé en direct. En Angleterre, le squash est vraiment un sport qui compte.»

Thierry Lincou: "C’est un rendez-vous très bien organisé et très important. En effet, nous sommes observés par des membres du CIO dans le cadre de notre demande à intégrer notre sport aux Jeux Olympiques à partir de 2016. Le vote aura lieu en octobre prochain."

Vous êtes depuis plusieurs années les porte-drapeaux du squash français à travers la planète, qu’est-ce qui selon vous caractérise «l’école» française de squash?
Thierry Lincou: «Je crois que c’est notre déplacement sur le court. Il y a vraiment un mouvement à la française. Les anglo-saxons appellent ça le «foot-work». Au-delà de ça, on a jeu très complet, un mixte en fait entre le jeu très offensif des Egyptiens et la solidité  des Anglais. Et visiblement, ça marche toujours pas mal…»

Greg Gaultier: «Je crois que petit à petit, le squash français est devenu une référence en terme de préparation physique et psychologique. Et au niveau du jeu, on est bien complet.»
 

Propos recueillis par Xavier Laleu
 
   
  17/03/2009 23:23
Squash - Super Series Finals - Gaultier bat Lincou

Grégory Gaultier a remporté les Super Series Finals, le Master du squash, en battant en finale son compatriote Thierry Lincou en quatre jeux (11-6, 8-11, 11-5, 11-5), devenant le premier joueur en huit ans à conserver son titre, mardi à Londres. «Je ne veux pas me demander si je suis le meilleur du monde actuellement. Je veux juste gagner autant de tournois que possible afin d'atteindre la place de n°1 mondial», a déclaré Gauthier après sa finale.

Lundi, Gaultier avait obtenu son billet en gagnant son duel trois jeux à un (10-12, 11-5, 11-9, 11-7) face au n°1 mondial, l'Egyptien Karim Darwish, qui avait aussi remporté ses deux premiers matches. Dans l'autre groupe, Thierry Lincou avait décroché sa qualification in extremis face à l'Anglais James Willstrop. Défait 3-2 (11-8, 11-8, 3-11, 4-11, 11-6) il est tout de même passé et a joué une finale d'une compétition qu'il devrait disputer pour la dernière fois.
 
   
  17/03/2009 09:45 
Squash - Super Series Finals - Gaultier vs Lincou

Les Français survolent les Super Series Finals, les Masters du squash, qui réunissent les huit meilleurs joueurs du monde depuis samedi à Londres. Mardi, la finale oposera Grégory Gaultier (Photo L'Equipe) à Thierry Lincou, sortis vainqueurs de leurs poules du premier tour. Si le premier nommé s'impose pour ce qui sera sa troisième finale consécutive dans l'épreuve, il deviendrait le premier joueur en huit ans à conserver son titre. Lincou, lui, a déjà disputé trois finales dans ce tournoi, pour un titre en 2004.

Lundi, Gaultier a obtenu son billet en gagnant son duel trois jeux à un (10-12, 11-5, 11-9, 11-7) face au n°1 mondial, l'Egyptien Karim Darwish, qui avait aussi remporté ses deux premiers matches. «Je sens sur ce tournoi que je suis presque à mon meilleur. Je suis fort, je sens que je peux être compétitif sur chaque point, je suis relâché, concentré sur mon jeu, et uniquement sur mon jeu. Je ne fais pas attention à tout le reste et c'est comme ça que je peux profiter pleinement de mon squash», a-t-il déclaré.

Dans l'autre groupe, Thierry Lincou pouvait être éliminé s'il s'inclinait 3-0 face à l'Anglais James Willstrop. Et il a été mené 2-0 avant de se rebeller, énervé par une décision d'arbitrage dans le deuxième jeu. Sa défaite 3-2 (11-8, 11-8, 3-11, 4-11, 11-6) lui permet de passer pour ce qui devraient être ses dernières Super Series Finals. D'ailleurs, Lincou pensait qu'il lui fallait gagner deux jeux pour passer. «Ah merde !», a-t-il lâché quand il lui a été demandé pourquoi il avait joué le quatrième jeu à fond alors qu'il était déjà qualifié...

 

 
 
 
 
 
 
 
 
Novembre 2007 - Articles 'le Figaro sport'